Sophie de Menthon

Switch to desktop Register Login

Le Mouvement ETHIC a organisé un grand débat le mardi 14 mai sur le thème : « Quel Medef pour demain ? ». A cette occasion, les 5 candidats à la succession de Laurence Parisot ont défilé à la tribune pour présenter leurs projets et leurs visions du patronat de demain.

Thibault Lanxade a ainsi proposé de supprimer la durée légale du travail. Il misé sur la pédagogie pour libérer le coût du travail. Il a également défendu le pouvoir des branches tout en  prônant pour le Medef à mettre en place une vraie vision stratégique notamment pour l’environnement et pour la sidérurgie. Souhaitons bon courage au plus jeune des 5 candidats !

 Pierre Gattaz a ensuite pris la parole pour défendre l’idée d’un "Medef de combats", une armée d'entreprerneurs capable de lutter contre l’état désespérant dans lequel se trouve notre pays. Il n’a pas complètement tort tant le Gouvernement semble faire fuir les talents – et notamment les jeunes – et les investisseurs potentiels à l’image du cas Dailymotion. Le patron de Radiall a mis en avant plusieurs chantiers : un choc de compétitivité, un choc de simplification et un projet baptisé « France 2020 » pour faire de la prospective et imaginer la France de demain. Il a également invité le Président de la République à participer aux Universités d’été du Medef pour qu’il puisse comprendre les problèmes des chefs d’entreprise. Pierre Gattaz a également lancé plusieurs pistes qu’il a expérimentées (organiser les cours des élèves dans les usines, organiser des rencontres entre les élèves/étudiants et les salariés…).

Serge Dassault a posé une question sur la necessité de ne pas reculer devant le problème non résolu des 35h. Il s’est présenté non sans malice provoquant les rires de la salle : « Serge Dassault, entrepreneur et pas encore à la retraite ».

Après Pierre Gattaz, c’est Hervé Lambel qui a présenté le fond de son programme. Il souhaite que le Medef de demain regroupe et soit le porte parole de toutes les organisations patronales. Le Medef doit ainsi reprendre l’initiative et cesser d’être un suiveur (ce sont ses mots). Pour lui, le Medef doit montrer l’exemple et accompagner les chefs d’entreprise au quotidien. Hervé Lambel a également cassé une idée reçue : non, les patrons ne s’en mettent pas plein les poches! Le salaire horaire d’un patron est généralement de 6 à 7€ si l'on considère qu'il travaille 130 h par semaine.... Merci à lui d’avoir remis les choses à leur place !

Dans la continuité, Patrick Bernasconi a, à son tour, pris la parole. Le Président de la Fédération des Travaux Publics a plaidé pour un Medef ouvert qui défende l’entrepreneuriat, un Medef qui ouvre des chantiers pour redonner de la compétitivité aux entreprises. Il a eu le droit à une vraie question piège : donner un exemple positif puis un exemple négatif de l’action de Laurence Parisot. Question pas évidente. Réponse plutôt maîtrisée et sincère de la part d’un homme qui a longtemps été membre du comité exécutif du Medef.

Pour finir, c’est Geoffroy Roux de Bézieux qui est monté à la tribune. Il a vanté un Medef offensif mais surtout ouvert au dialogue. Il a défendu la prise de risques en fustigeant le principe de précaution,  défendant énergiquement l’initiative privée, l’attractivité des territoires et un président du Medef qui soit au final un porte-parole de la cause entrepreneuriale.

Ce grand oral, le premier pour les candidats, a été un grand succès. Je tiens à remercier Thibault Lanxade, Pierre Gattaz, Hervé Lambel, Patrick Bernasconi et Geoffroy Roux de Bézieux de s’être plié au jeu des questions/réponses. les candidats ont en commun un enthousiasme réformateur puissant et le désir d'un big bang patronal un vrai bon cru de candidats dont le premier objectif n'est pas de d'éliminer les uns les autres !