Sophie de Menthon

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On peut bien sûr critiquer : trop court, trop cher, inutile... Et n'est-ce-pas à l'Education Nationale d'inculquer le vivre ensemble ? Pourtant, le test d'un Service National qui vient d'être lancé est indispensable dans l’état actuel du pays et de la jeunesse. La cohésion nationale n'est plus qu'un vain mot que l'on confond avec les coalitions "contre" quelque chose, à l’exception des grandes tragédies qui rassemblent, et de moins en moins longtemps. L’autorité reste un stigmate de l'ancien monde, la "tenue" ne veut plus dire grand-chose comme le dit un célèbre fast-food en faisant un slogan spécial jeune: " venez comme vous êtes"! Un monde soi-disant sympathique de cool attitude habillée de jeans à trous. Nous avons choisi au nom d'une pseudo liberté fictive, de faire tomber un carcan social supposé des règles de la bienséance bourgeoise, cela a considérablement nui aux comportements individuels et collectifs citoyens. La fracture sociale est bien sûr une fracture sociétale et il faut recréer une structure civique qui sera un passage obligé.

Jacques Chirac a commis une faute en supprimant le service militaire mais il faut se replacer à cette époque où la lourdeur de ce service était devenu inutile et trop pesante dans la vie des jeunes ; il aurait fallu le modifier drastiquement en maintenant un minimum d'obligations militaires ou civiles pour garder ce creuset et ce brassage qui manque tant aujourd'hui.

Alors oui, les questions concernant le SNU (Service National Universel) sont préoccupantes. Le coût d'abord : a priori 1 milliard et demi par an. Les contraintes de logement, d'encadrement, etc. Mais, en réalité, il n'y a pas de prix pour recréer a minima une sensibilité au concept même de "service" au pays. 15 jours c'est peu, et peut-être insuffisant, mais des prolongements sont prévus et pour le moment il s'agit d'un test.

Ce qui est organisé pendant ces 15 jours est loin d'être anodin : ne serait-ce que de ne plus être accro à son portable ! (Il sera autorisé 1h le soir). Distribuer un pack d'uniforme sera pour quelques-uns pour le moins étrange : pantalon, manteau, chaussures noires (certains n'ont jamais porté autre chose que des baskets !), casquette bleue, badge du service national, pour certains jeunes qui attachent une importance énorme à leur look qui contribue à définir leur appartenance à une tribu, une bande, un quartier. Ils découvriront la cérémonie aux couleurs le matin et on l'espère l'émotion pour la première fois peut être, à la vue d'un drapeau que l'on hisse. Une initiation au code de la route, au parcours du combattant, à la formation aux premiers secours, le respect des horaires, la participation à l'entretien apporteront une ouverture sur l'extérieur, un autre esprit, une expérience, la découverte d'autres lieux, d'autres ambiances.

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'article https://www.challenges.fr/politique/le-service-national-universel-un-stage-de-savoir-vivre-en-france_659079

Les problèmes se bousculent, les dettes s'accumulent et pourtant nous sommes plutôt sur la bonne voie. Les ennemis de Macron ne pourront pas nier que les efforts faits n'avaient même pas été envisagés depuis 15 ans. On a tant bien que mal réformé la SNCF (d'accord on aurait peut-être pu faire mieux). On a touché au Code du Travail : la Loi Pacte, bien qu'imparfaite est une avancée. On fait sauter le numerus clausus (c'est déjà ça même si on ne peut accepter de n'en voir le résultat que dans plusieurs années) L'Education Nationale repart du B.A.BA et il le fallait bien. On a symboliquement supprimé l'ISF au grand dam des gilets de toutes les couleurs, mais c'est nécessaire, même si on se serait bien passé de l'IFI (impôt sur la fortune immobilière)qui va ralentir le secteur.

 

Ceux qui pleurent le deuil de François Fillon ont beau jeu de brandir son programme de rêve libéral dont il n'aurait probablement pas dépassé la 4e page. Actons quand même que ce sont les Français qui sont ingérables et il ne s'agit pas de montrer le voisin du doigt : la paille et la poutre... Donc, reconnaissons-le, Emmanuel Macron fait à peu près le boulot et ce qu'il peut, certes avec des gaffes, des erreurs, des fautes de communication et avec le personnel politique qu'il a (vous avez tellement mieux ?) et puis des contraintes immenses.

Tout manager dans l'âme comprend et a de la compassion pour le chef de l'Etat : la solitude du chef d'entreprise, ils connaissent. En l'occurrence, nous sommes tous des Jupiter en puissance ! Quel patron ne connaît pas la colère qui monte lorsque les instructions ne sont pas respectées, lorsqu'on nous répond que " ça ne va pas être possible " avant d'avoir essayé, lorsqu'il faut réduire le budget d'un service et vaincre la résistance au changement ; lorsque le refus d'une augmentation provoque un arrêt maladie (qui n'encombrera pas les urgences). Lorsqu'en réunion on demande les chiffres et qu'on vous donne des explications vaseuses parce que les objectifs ne sont pas atteints, etc. Ajoutez à cela, pour le président de la République, la multiplication des aléas en tous genres, les entraves, les grèves et à l'échelle d'un pays. Cela vaut bien un peu de bienveillance sans doute ?

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/pourquoi-sommes-nous-incapables-de-reagir-vite_657814

La progression du parti des Verts en Europe est le reflet d'une réalité de ce que chacun d'entre nous ressent. Nous souffrons de voir les océans pollués de sacs plastiques, les rivières devenues des dépotoirs, les poissons en voie de disparation, les animaux sauvages en perdition, les ours polaires esseulés sur un bout de banquise qui fond, les baleines exterminées, les abeilles qui trépassent, les engrais chimiques qui nous empoisonnent à petit feu, l'air pollué qui nous rend asthmatiques etc. N'en jetez plus!

Nous sommes, chacun d'entre nous, responsables de cette planète que nous allons laisser à nos enfants dans un sale état. C'est bien cette idée même que l'on retrouve à l'origine de la notion de "développement durable" (sustainable development) dans le Rapport Bruntland dès 1987.

 

Epoque hystérique

Pourtant, en dehors des questions existentielles que nous nous posons devant les poubelles de tri (est-ce que je jette l'emballage plastique avec le papier ?), nous sommes très impuissants devant cette catastrophe humanitaire annoncée, même si la France est plutôt en avance dans sa lutte. Nos contradictions sont le reflet d'une époque hystérique sur tous les plans. Ainsi, lorsqu'on diminue la vitesse de 90 à 80 km à l'heure ce qui, par définition, est bon pour la diminution du CO2, la France s'emballe, écolos confondus, car il faut bien qu'ils roulent, et vite !

Nous voulons "consommer bien" sous tous rapports : des produits de saison, des fruits et des légumes poussés à côté de chez nous, du bon coton bio, des vêtements éthiques (en fait les tee-shirts réclamés par nos ados bien-pensants viennent du bout du monde fabriqués dans des conditions douteuses, quand ce ne sont pas des faux), des produits de beauté sans conservateurs et puis pas de viande bien sûr, c'est mauvais pour tout : les pets des vaches = du CO2, la souffrance animale, le cholestérol...  toutefois, il faut soutenir les éleveurs pendant que les vegans attaquent les boucheries.

La liste est infinie, nous sommes culpabilisés par tous et pour tout sur ce que nous consommons, mangeons, disons, faisons, pensons, portons…soyez  "bio" sinon point de salut mais rassurez-vous, le marketing a compris et s'occupe des gogos écolos.

Retrouvez l'intérgalité de l'article https://www.challenges.fr/politique/les-ecologistes-meilleurs-ennemis-de-l-ecologie_656716

 

 

Pas de jour, pas de journal télévisé, pas de "Une" sans le récit du déroulement d'un procès financier; nous suivons les affres de celui Bernard Tapie, nous nous sommes délectés des épisodes à rebondissement de celui de Jérôme Cahuzac, nous avons culminé et ce n'est pas fini, avec François Fillon... Nous commençons la série Balkany saison 1, sans parler du programme annoncé à venir de Nicolas Sarkozy, etc.

Non seulement ces procès à répétition donnent une piètre image de ce que nous sommes mais cela renforce notre détestation post-révolutionnaire de l'argent (celui qui n'est pas le nôtre) qui se transforme en dégoût de l'univers de la finance, des exilés fiscaux et, bien sûr, des hommes politiques. Tout cela serait presque normal si, en France, nous n'avions pas en plus une spécificité navrante, celle du temps de la justice. Nos "affaires" trainent des années au plus grand détriment de la crédibilité, de l'efficacité de la dite justice et des "prévenus" eux-mêmes.

Le "feuilletonnage" de ces mises en cause est particulièrement néfaste, générant une vindicte populaire similaire à celle de foules en place de grève attendant la guillotine et accentuant l'importance qu'il conviendrait de donner à ces affaires. Et si ce que l'on reproche aux Balkany était si évident, si connu de tous, pourquoi n'a t-on pas saisi la justice dès le début? Notre justice est donc sous influence? En précisant à chaque fois que "tout le monde savait", on finit par en douter. Comment peut-on laisser des comportements et des abus s'enliser à ce point? Pourquoi dans certains cas la justice intervient-elle en trois jours (cf. Penelope Gate) et pourquoi tout à coup tout s'arrête-t-il pour reprendre des mois ou des années après ?

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'article que https://www.challenges.fr/politique/il-faut-sanctionner-autrement-la-delinquance-en-col-blanc_656176

Est-ce la faute des médias avides de conflits pour créer du débat ? Est-ce la faute des hommes politiques qui se jettent sur tous les prétextes et sur tous les sujets pour lancer une polémique ? Est-ce la faute des "citoyens" qui s'imaginent que la démocratie participative c'est d'avoir personnellement raison ? Est-ce la faute des réseaux sociaux qui offrent la possibilité d'insulter tous ceux qui ne sont pas d'accord avec soi ? Est-ce le fait du rejet des élites intellectuelles ou même scientifiques qui ont perdu leur crédit ? Est-ce la faute des sondages quotidiens qui ne laissent plus de place à l'opinion sinon pour lui annoncer ce qu'elle pense ? Toujours est-il que la France devient hystérique...

 

La vérité n'est plus qu'une opinion comme une autre avec laquelle "on a le droit" de ne pas être d'accord ! "Et pourtant elle tourne", disait Galilée, en chuchotant pour éviter la mort. Nous en sommes là. Faire preuve de nuance, se laisser convaincre par un argument est vécu comme une trahison, changer d'avis, prendre position sur un sujet qui ne correspond pas à la case dans laquelle vous êtes classée est impossible. On a tué le vrai débat d'idées, celui qui enrichît et  cette bouillie d'actualité finit par détruire nos valeurs et notre intelligence collective.

Le jugement de la sacro-sainte opinion prévaut sur la vérité scientifique et même sur le bon sens. L'exigence de moralement correct est inversement proportionnelle à l'évolution haineuse de ceux qui la revendiquent. On veut se venger des riches, faire des procès publics en place de grève, l'esprit de récrimination l'a emporté sur la sagesse. La détestation de "l'autre" quel qu'il soit, étranger, religieux, opposant, riche, migrant, profiteur de "nos" droits… a pris le dessus. Vous avez dit bienveillance ? Vous savez cette vertu nouvelle à la mode... On réclame des excuses publiques à tout bout de champ mais personne ne pardonne quoi que ce soit, la mémoire de nos ordinateurs est là pour nous le rappeler et interdire ce fameux droit à l'oubli. Le pardon est aujourd'hui réduit à l'état de projet de loi.

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/pourquoi-la-france-est-devenue-hysterique_655722

La France est en panne de réforme. L'administration a jeté un glacis paralysant sur tous les projets. Tous les rouages administratifs de notre pays mettent leur énergie à ce que rien ne bouge. Et Macron comme Edouard Philippe sont bien impuissants.

Les moulinets avec les micros, les incantations, les engueulades en conseil des ministres, la véhémence des promesses... tout cela n'y change rien. Les chefs d'entreprises regardent goguenards, les images du séminaire gouvernemental avec 80 intéressés au coude à coude, chacun drapé dans ses propositions, ses contre-propositions et son impuissance.

Pauvre premier ministre, il aimerait bien... pauvre Président de la République face à la machine à broyer qu'il alimente involontairement en créant séminaires, commissions, groupes de travail qui viendront tels de nouveaux grains de sable gripper le cours des choses, chacun voulant témoigner de son importance. Rien ne semble pouvoir entraver l'inéluctable rouleau compresseur du système administratif politico règlementaire et législatif. Les "arrêtés" portent bien leurs noms, ils arrêtent! alors qu'ils devraient permettre.  Tous ceux qui sont au contact des pouvoirs publics le savent et en témoignent. Au-delà de la mise en scène d'un volontarisme en bras de chemise et l'emploi d'un vocabulaire prometteur offensif et guerrier, la machine à ne rien faire a repris ses droits dans l'appareil d'État.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/l-etat-ou-la-machine-a-ne-surtout-rien-faire_655171

 

La France, c'est-à-dire l'administration française n'est pas "managée" mais dirigée, comme si les services généraux d'une entreprise faisaient office de direction générale n'obéissant qu'à eux-mêmes. Il est donc très difficile de croire à une vraie réforme sans un préalable incontournable : reconfigurer les services de l'Etat.

En écoutant Emmanuel Macron distribuer les rôles dans son allocution-programme, on ne pouvait s'empêcher de penser à une petite vengeance ironique du type : " Ah! Je suis seul et je gouverne seul ? Ah! Je n'écoute personne et j'agis sans consulter mon gouvernement? Et bien on va voir ..." Et les projets de réformes de s'enchaîner divers et variés, avec attribution des tâches. Le Premier ministre prenait des notes avec l'assiduité du meilleur élève le jour de la rentrée. Tous les ministres en faisaient autant avec une attention inhabituelle. Les pauvres ! Tout à coup le Président déléguait, gaullien dans son autorité et redonnant à la Ve République la définition constitutionnelle première : le Président donne les orientations et le Premier ministre se démm... … pardon : exécute.

Est-ce pour autant rassurant ? Le gouvernement à la tâche, mais quelle tâche ? Oui, le président de la République était bien à la hauteur mais c’est le "il n’y a plus qu’à…" qui laisse songeur.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/reforme-de-l-etat-et-si-on-s-inspirait-des-entreprises_654547

Décrié par les commentateurs, le président de la République a pourtant délivré un discours sincère et sans emphase, en restant cohérent sur ses promesses de campagne tout en montrant qu'il avait tiré les enseignements de ses erreurs.

"Gouverner, c'est mécontenter", en vertu de ce principe, un discours et une conférence de presse ne s'évaluent que par le contexte national et sociétal du moment. Emmanuel Macron en voit de toutes les couleurs et depuis des mois! On veut sa tête, on exige tout et son contraire, la classe politique a perdu tout sens de l'intérêt national et préfère l'échec de la France au succès de Macron. Non, je ne suis pas une "Macrolâtre", loin de-là, j'ai depuis deux ans été souvent déçue, parfois choquée, je reste sur ma faim sur la réforme de l'Etat, sur la baisse des dépenses publiques, sur ces fameuses missions régaliennes que j'espère voir définir tous les matins… Et pourtant salut l'artiste !

Il est à noter que le discours à peine délivré jeudi 25 avril, tous les commentateurs et les chroniqueurs sans exception étaient à la recherche des critiques, cherchant à tout prix ce qui pouvait décevoir ou ne pas satisfaire. Même le sondage ODOXA était de mauvaise foi: 63% des Français n'ont pas été convaincus même si entre 52% et 54% se félicitent des mesures proposées… mais le total n'était pas content!

En France, on vous accuse "d'être hors-sol" quand vous prenez de la hauteur, or oui, le président de la République a manifesté de la hauteur de vue et a surtout fait preuve d'une forme de courage inhabituel chez nos politiques qui ne sont jamais meilleurs que lorsqu'ils reculent. Emmanuel Macron n'a été ni complaisant ni inflexible, il a tenu des promesses de campagne qui ne peuvent que lui attirer les foudres des fameux gilets jaunes. Il n'a pas tenté de sauver sa peau en accordant avec démagogie ce que la rue réclame. Il a renoncé à la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires pour donner satisfaction à une France périphérique qui voit ses écoles et ses hôpitaux fermer. Le non renouvellement des fonctionnaires ne se fera que dans le secteur administratif...

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/gilets-jaunes-benalla-impots-oui-macron-a-ete-bon_654367

Tous les sujets sont bons pour devenir instantanément conflictuels, tout le monde croit savoir et détenir la vérité, plus c’est complexe mieux on sait. Tout le monde a un avis sur tout, sur la rénovation et la flèche de Notre-Dame jusqu'à la gestion du dossier des retraites...

On assiste impuissants aux récriminations en tous genres, aux débats les plus stériles, aux violences tous azimuts, aux lamentations sans fondements, aux incantations politiques... comme dirait mon voisin de bureau : « on ne sait plus où on habite ».  

Les médias en rajoutent, en boucle, pour que nous ne rations rien de ce qui pourrait aller encore plus mal. On consulte les « spécialistes », on se veut équitable sur le temps de parole donné à chaque détenteur d’une opinion sans intérêt : celui dont l’église du village a déjà flambé, le témoin ou son cousin, le gilet jaune pro-casseur contre le gilet jaune pacifique, les mesures post-débats avant qu’elles ne soient officielles, etc. le tout saupoudré de « commentaires avisés »... plutôt un grand déballage de foire à la farfouille. Tout se mélange, les samedis indignes, les propos outranciers, les « fake news » en d'autres termes en français les calomnies, les colportages, les rumeurs, les affabulations, les faux bruits... le terme de « fake news » est une dégradation en soi, la richesse de notre vocabulaire abandonnée au profit du langage Trumpiste et le pire c’est que l'expression est employée au plus haut niveau et par les mêmes qui interdisent à nos entreprises l’emploi de l’anglais sans un sévère encadrement ! 

 

Les attentats, les grèves innombrables, l’Europe, le pseudo déni démocratique, la lutte des classes plus vive que jamais, la détestation de nos riches mécènes, tout est prétexte à division et à rancœur. Nous vivons une insurrection générale froide sans aucun point commun sinon un ras-le-bol général savamment entretenu par tous ceux qui pensent en tirer profit, un bourrage de crâne permanent qui empêche de penser !

La catastrophe dont fut victime Notre-Dame de Paris ne nous aura pas rapprochés très longtemps, en 3 jours on était retombé dans les pires affres de la division : Comment ça reconstruire en 5 ans ? Bassesse commerciale pour les jeux olympiques ? Scandale ! Comment ça oser lancer un concours d’architecture international pour un monument symbole français de la Chrétienté ? Scandale ! Et la flèche de Violet le Duc qui tourne à la bataille d’Hernani ? Et les mécènes : ces riches haïssables qui en profitent pour défiscaliser et qui méritent le bûcher, scandale ! Sans compter que maintenant il y a trop d‘argent alors qu’il paraît qu’il n’y en a pas pour les plus démunis, scandale ! Et que va-t-on faire du surplus ? « Restaurer d’autres églises » : disent les légitimistes, ou bien créer un fond pour les gilets jaunes pendant qu’on y est !

Tout est politique, tout est prétexte à s’opposer, tout est dans tout, et tout est de la faute de Macron. "Qu’il s’en aille et comme ça on revotera pour lui" : disent les plus optimistes avec une curieuse logique « de toutes façons Marine Le Pen, je n’en ai même plus peur » : ajoutent les bourgeois téméraires. Les dieux sont tombés sur la tête et Notre-Dame n’y peut rien, la violence entre Français continue, s’attise ; il y a ceux qui disent que les manifs et les casseurs  « ça suffit » et qu’il faut tirer dans le tas (ne pas prendre l’expression au pied de la lettre tout de même) contre ceux qui insultent et menacent les policiers, ceux qui prétendent que la démocratie est en jeu et que la liberté de manifester est un droit inaliénable, ceux qui hurlent à l’atteinte à la liberté de la presse parce qu’on trouve déplaisantes les pancartes « suicidez-vous ! » reprises en chœur ; pire on a mis en garde à vue un pauvre journaliste innocent sous prétexte qu’il a des convictions d’extrême gauche qu’il est fiché S et qu’il a fait un doigt d‘honneur aux forces de l’ordre. 

Certains prennent le Ministre de l’Intérieur pour un videur de boîte de nuit et le préfet pour un facho, comment rétablir l’ordre dans ces conditions ?! Dès qu'on réagit mollement "le pouvoir est complice" pour mieux écœurer les Français et nuire aux revendications des gilets jaunes et lorsqu'on fait preuve de fermeté, « le pouvoir est fasciste et totalitariste ». Quelle marge de manœuvre ? Et ne me dites pas que la solution se trouve dans les réponses au grand débat, on n’en est plus là.

Au nom de la démocratie, de la liberté d’expression, de la liberté de manifester, la France qui n'y comprend plus rien et foulent toutes les valeurs de respect, de bon sens, de dignité on justifie l’insulte, la haine, le vol, la violence... quel spectacle ! 

Le « minoritarisme » nous gouverne, peu importe le suffrage universel, la majorité silencieuse ou bruyante, la tempérance, on ne relativise plus rien. La minorité a raison et a droit à tout parce qu’elle est minoritaire, donc forcément stigmatisée et défavorisée. Avec ce type de raisonnement, on va droit à la guerre civile au nom de la bienveillance et du politiquement correct. La République du Droit est devenue celle du  « droit à tout », devoir est un gros mot et travail n’en parlons pas... 

Le Président de la République ne serait pas légitime parce qu’il a été élu par une minorité de la majorité, c’est la remise en cause du suffrage universel ce qui est d’autant plus incompréhensible que ce sont bien les Français qui votent de moins en moins... et s’en plaignent.

Bref ! un écœurement général qui fait douter de la fierté d’être Français, douter de nos congénères, douter de nos médias, douter de nos politiques, douter de nous-mêmes... 

Bon courage Monsieur le Président ! Que l'on soit avec ou contre vous... nous en avons tous assez !

 

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Les entreprises retrouvent enfin leur place. Elles veulent recruter plus et mieux, s’impliquer sur un plan sociétal. Elles mobilisent leurs collaborateurs pour aller voter. Et elles ont réalisé un espoir collectif par leur participation immédiate à la reconstruction de Notre Dame.

Le désarroi dans lequel se trouve actuellement la France a ceci de bon qu'il redonne à l'entreprise une place qu'elle n'a jamais eue. L'entreprise réhabilitée, l'entreprise valeur refuge, nous en avons rêvé. Le socle entrepreneurial est devenu aujourd'hui un repère et un recours dans de nombreux domaines.

Devant l'effroyable incendie de Notre Dame de Paris, saluons la réaction immédiate des deux grands chefs d'entreprise François Pinault et Bernard Arnault qui, les premiers, ont proposé de consacrer l'un 100 millions et l'autre 200 millions d'euros à la reconstruction de notre cathédrale en entraînant beaucoup d'autres. Des gestes symboliques qui, espérons-le, redoreront un peu l'image injuste de ces "salauds de patrons" du CAC 40 !

Le mouvement ETHIC a également lancé un appel à ses membres. Nous n'avons pas l'habitude en France de reconnaître la place et le rôle du mécénat, reléguant souvent celui-ci à une forme de " charité " dont les riches feraient preuve pour se dédouaner d'avoir gagné de l'argent. Evidemment, les extrémistes de toujours ont beau jeu de dire que ces dons sont une aubaine fiscale, que c'est " juste de la com' ", que c'est l'argent qui n'a pas été versé pour sauver des vies humaines... Les réseaux sociaux touchent les bas-fonds des âmes noires.

 

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