Sophie de Menthon

Switch to desktop Register Login

Sophie de Menthon - Le site - Sophie de Menthon

On peut toujours se féliciter d'avoir un taux de chômage qui baisse, une économie qui se tient, des entreprises qui ont encore plutôt le moral, des Start-up en quantité mais il ne faut pas se leurrer le climat actuel est économiquement suicidaire. Les entreprises sont arrivées tant bien que mal à surmonter les samedis festifs des gilets jaunes, mais certainement pas les commerçants qui ont vu leurs vitrines fracassées par des barbares et leur chiffre d'affaires réduit à néant certains week-ends pour cause de fermeture préventives. Et ça menace de recommencer.

 

On a surmonté les grèves des transports en particulier en région parisienne, remonté le moral de nos salariés qui subissent dans les transports en commun quasi toutes les semaines des arrêts sauvages, des retards inexpliqués, des "retraits" à chaque incident qui mérite soi-disant la solidarité de tout le personnel de la SNCF. Certes, nous sommes habitués, salariés et entrepreneurs français, à vivre professionnellement entravés de boulets aux pieds, qu'ils soient fiscaux, administratifs ou sociaux, mais l'ambiance se dégrade au rythme des alertes dans tous les secteurs, le moral aussi. On nous annonce en permanence que les politiques sont inquiets, que la confiance s'érode, que l'impuissance gagne, les médias en font des tonnes. La grève annoncée du 5 décembre prochain pour lutter contre la réforme des retraites serait le début d'une longue révolte, révolte qui réjouit les "quartiers" et les extrémistes qui ne cherchent que des occasions pour casser et effrayer le bourgeois. Tout cela finit par être vrai, y compris parce que les prédictions sont souvent auto-réalisatrices. Lesdits "bourgeois" (réacs) même s'ils sont plus de 60 % à vouloir le bien du pays dans la tranquillité et souhaitent des réformes, sont insignifiants face à des minorités dites agissantes, et impunies au nom de la démocratie qu'elles bafouent. Si certaines revendications sont très légitimes, on ne pourra pourtant rien changer dans ce climat de tension.

Même les réformes économiques en discussion actuellement sont menacées par les risques de violence, comme les problèmes de sécurité posés par la vente d'alcool dans certains commerces alimentaires avec un risque de trouble à l'ordre public. Un pays où la sécurité n'est plus assurée, ni le soir, ni dans les transports en commun, ni dans la rue, est un pays économiquement et profondément menacé. Qui va investir en France si ce chaos permanent perdure ?

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/economie/securite-defi-a-tous-les-etages_684798

Le titre du livre de François Mitterrand Le coup d'Etat permanent était prémonitoire mais, aujourd'hui, il faudrait plutôt parler du "coup du débat" permanent et de son coût. A priori, on devrait se réjouir des débats et de cette possibilité d'exprimer son avis car ce pourrait être un progrès sociétal. Point du tout : le débat supposé calmer les esprits est en réalité donné en pâture à l'opinion publique pour éviter de décider et donner la preuve que l'on consulte dans un bel esprit démocratique. Cela rejoint un peu la pratique du "ballon d'essai" consistant à lancer une idée et à attendre de voir la réaction qu'elle suscite. Le débat est, hélas, actuellement la meilleure façon de réduire les réformes à une peau de chagrin. Nous nageons en plein contresens, les Français ne veulent plus être représentés par leurs représentants car ceux-ci sont tous, semble-t-il, discrédités à leurs yeux : politiques, élus (sauf peut-être les maires), syndicats, gouvernants et représentants de l'État sous toutes ses formes (certains révoltés de banlieues en veulent même à ceux qui les secourent). L'exemple des Gilets jaunes qui ne voulaient être représentés par aucun des leurs, en est la parfaite illustration.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article dans https://www.challenges.fr/politique/le-coup-du-debat-permanent_683370

Il semble que l'objectif des gouvernements successifs, évidemment appuyés par leurs électeurs, est d'instaurer la gratuité partout ou c'est possible, et dans tous les domaines. Ce "droit" à la gratuité est accrédité par les politiques. Au pays du "droit à " qui a un peu oublié le "devoir de ", on se donne bonne conscience à peu de frais puisque personne n'a le sentiment de payer... 

 

Le vrai problème de la France est qu'elle est écartelée entre la révolte devant des impôts trop élevés et l'exigence de la gratuité. Certes notre niveau de culture économique est un des plus faibles d'Europe mais le bon sens pourrait combler cette lacune : il y a  forcément quelqu'un qui paie ! Et nous souhaitons que ce soit les riches (que nous faisons tout pour rendre moins riches) qui paient : cherchez l’erreur.

Sur-consommation

Cette gratuité rend les bénéficiaires de plus en plus plus exigeants et leur laisse croire que tout est possible, et surtout que lorsqu'il n'y a plus d’argent, il y en a encore. La dette est là pour être creusée... Pourtant  en outre on le sait: “Tout ce qui est gratuit n'a pas de valeur". C’est ainsi que nous assistons à une sur-consommation médicale hors normes. Cela ne suffit pas, et tout est fait pour que nous puissions bientôt bénéficier du "tiers payant intégral pour tous", sous la forme d'une plateforme permettant aux patients de ne pas payer la consultation. Dispense de frais générale ! Le corps médical est vent debout, pour de bonnes raisons : nombreux sont les praticiens dans tous les domaines qui ont le sentiment que les patients bénéficiaires de la CMU-C, par exemple, sont ceux qui ne respectent pas le rendez vous, ne prennent pas la peine d'annuler et oublient le traitement... Tant et si bien que 12% des gynécos, chirurgiens-dentistes et psychiatres refusent de recevoir ces patients, selon un rapport du Défenseur des droits. On trouvera cela inadmissible mais au nom de quoi demande-t-on à un praticien de travailler à perte ? C’est probablement une des définitions de la gratuité à la française.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/economie/assistanat-les-mirages-de-la-gratuite_682233

 

 

La lassitude et la déprime gagnent d'en bas jusqu'en haut tant les contradictions nous paralysent. Le changement, nous n'avons eu que cela à la bouche et nous sommes incapables d'en supporter ne serait-ce que l'ébauche.

Nous voulons la vérité et nous bâillonnons tous ceux qui s'expriment différemment du consensus officiel auquel d'ailleurs personne n'adhère vraiment. Nous sommes censurés, les journalistes eux-mêmes au pays de Voltaire et de la pseudo liberté d'expression lancent des alertes et des motions pour virer le chroniqueur qui ne leur plait pas et qui ne pense pas bien. Il n'y a pas que Zemmour, nombreux sont ceux qui ont été remerciés, sans remerciements, parce qu'ils n'étaient pas "dans la ligne éditoriale.

Nous vivons assommés par les délires et les interpellations moralisatrices entre autres des réseaux sociaux, repris par la presse. Les députés eux-mêmes twittent, et il ne faut pas rater ce tweet de la députée Danièle Obono, à propos du Premier ministre, ce qui mériterait au minimum un rappel à l'ordre de l'Assemblée Nationale ! Est-ce la nouvelle conception de la liberté d'expression ? "Le mec a tellement l'seum & les chocottes de la grève du 5/12 qu'il dégaine direct #fakenews & #lawfare. L'exercice légal du droit de retrait s'est fait pour la sécurité des usager-es dont vous n'avez cure. La grève se fera contre votre infâme politique".

Nous finissons par avoir honte de nous-mêmes, les Français. Ce qui manque à notre société c'est le goût de l'effort, une certaine dignité disparue, l'autorité, le temps de la réflexion pour ne pas être gouvernés en permanence par l'instantanéité, l'immédiat, et le marketing de l'émotion. On ne sait plus ce qu'est une concession, on est incapable d'accepter qu'une mesure mette 1 ou parfois 2 ans pour donner un résultat. Nous sommes plus que les autres naturellement résistants au changement. Pire, nous perdons notre bon sens au profit d'idéologies fugaces et passagères.

La répétition de la grève à la SNCF ces derniers jours, de celle à venir du 5 décembre, destinée à tester la résistance du gouvernement et à gêner le maximum d'usagers est réussie. Au passage on notera que des questions de sécurité non traitées en sont le prétexte, pourquoi pas...

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/adieu-reformes-bonjour-les-greves_681184

« Je t’aime, moi non plus" c'était un peu la relation de la France à ses entreprises. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas même si l’on cherche de plus en plus une quête de sens et une relation exigeante à son entreprise. Ce sont clairement les relations humaines qui donnent le nouveau ton de cette reconnaissance.

Le sondage qui vient de paraître, réalisé par "OpinionWay" dans le cadre de la manifestation J'aime ma boite (la Fête des Entreprises se déroule ce jeudi 17 Octobre. L'auteur de l'article en est l'initiatrice) révèle que ce sont les trentenaires et les salariés des PME qui semblent être les plus heureux de France dans leur vie professionnelle. Contrairement à une tendance baissière observée depuis 2017, l’année 2019 marque une augmentation de l’attachement des salariés à leur entreprise, en progression de 2 points. C’est aujourd’hui 64% des sondés qui déclarent « aimer leur boîte ». Arrivent en tête les entreprises de moins de 10 salariés, dont 80% répondent "Oui j'aime ma boite", loin devant les 61% des entreprises de 250 à 4.999 salariés et des Groupes de plus de 5.000 salariés. Les fonctionnaires ne sont pas en reste, ils sont nombreux à aimer leur Fonction Publique.

Si l’année 2019 a été marquée par les manifestations des gilets jaunes, le mouvement n'a eu pratiquement aucune conséquence sur le rapport qu’entretiennent les salariés avec leur entreprise. 80% d’entre eux affirment que le mouvement de protestation n’a pas eu de conséquence sur leur relation avec leur entreprise.

Le fait d'aimer sa boite s'accompagne en revanche d'autres rejets, les tendances observées mettent en exergue une réelle défiance à l’égard de certaines organisations ou institutions. Alors que 50% de la population proclame n’avoir confiance dans aucun organisme, seulement 10% des sondés ont confiance en leur syndicat, 8% dans l’État et 3% envers le gouvernement. Pour 24% des interviewés, l’entreprise est la première institution qui génère la confiance des Français et particulièrement envers les petites entreprises de moins de 10 salariés (42%). 

 

 

retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/economie/j-aime-ma-boite-une-culture-d-entreprise_680128

Le scénario est toujours le même et il est un peu trop facile de jeter la pierre au premier qui parle...  En effet, à chaque fois le ministre concerné prévenu d'un événement dramatique par les alertes de son portable, arrive sur les lieux en même temps que les journalistes eux-mêmes prévenus par les mêmes alertes, micros et caméras au poing. Le responsable politique concerné ne sait que ce qu'ont bien voulu lui dire ses propres services. Les télés sont déjà là, la confusion règne et les ministres se trouvent jugés sur ce qu'ils vont immédiatement dire, annoncer, expliquer... Le vertige de la mauvaise communication. Tout est alors déjà biaisé. D'une part, il est impossible de parler à chaud d'un événement par définition totalement imprévu et qui fait des victimes souvent encore non répertoriées. Et, d’autre part, plus c'est grave, plus on attend que le ministre parle... Plus c'est grave, moins il peut parler et d'ailleurs moins il en sait.
Reste le choix entre dire ce qu'il sait sans aucune garantie quitte à passer pour un incompétent par la suite, se taire (mais combien de temps ?) ou alors utiliser les fameux éléments de langage fournis par la hiérarchie communicante sachant qu'il faut prendre les ordres au plus haut niveau pour ne pas provoquer d'autres drames, cette fois politiques.
 
La règle étant que toute catastrophe selon n'importe quelle opposition "aurait pu être évitée" et que la responsabilité en incombe - bien sûr - au gouvernement en place. Dans les heures qui suivent ou à plus ou moins longue échéance, il convient de demander la démission du ministre, du préfet, du Premier ministre, etc. C'est un préalable systématique d'abord que d’affirmer que celui par qui le malheur arrive (c'est-à-dire celui qui détient le pouvoir de la parole) dissimule la vérité volontairement s'il rassure, ment s'il provoque la panique, est irresponsable s'il accuse, "stigmatise" forcément et déchaîne la fureur des intéressés et de leurs amis, pendant que les syndicats guettent... Et, s'il ne sait pas, c'est un nul.
La vérité c'est que la France s'enfonce en surfant sur les mots. Les fameux éléments de langage sont une plaie qui va bien plus loin que le discours lui-même, cela permet de jouer l’unité, c’est ainsi qu’à la radio ou à la télé vous avez droit aux mêmes lambeaux de phrases insignifiants dans toutes les bouches officielles. L'impuissance commence là.
 
 
Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/quand-les-elements-de-langage-gouvernent-le-pays_678859

Est-ce une spécificité française ? Est-ce de la responsabilité des médias ? Est-ce l'ambition politique qui fait feu de tout bois ? En tous les cas, le résultat est là : l'atmosphère est irrespirable, et pas seulement à Rouen.

L'actualité est puissamment anxiogène et contribue certainement à ce que nous soyons les premiers consommateurs d'antidépresseurs. Le fait est que le monde va plutôt mal, mais il y a une sorte de paroxysme dans les réactions des Français qui fait que nous nous complaisons dans la désespérance, dans la lutte contre le changement qui fait peur et surtout dans une exploitation nauséabonde de nos propres peurs.

 

Besoin de communion d'un peuple

On ne peut que se poser des questions sur les gros titres qui viennent de se succéder à 24 heures d'intervalle : la mort de Jacques Chirac et l'incendie de Lubrizol (l'usine classée Seveso). L'accident attendant la fin des cérémonies funéraires pour être bien exploité médiatiquement. Rien à voir a priori, sinon le reflet d'un climat sociétal. D'abord l'emballement populaire et médiatique (la poule et l'œuf ?) autour de la disparition de l'ancien président de la République est stupéfiant et inattendu à plusieurs titres, mais révèle surtout le besoin absolu de communion d'un peuple. Nous recherchons ces moments d'unité nationale dans la douleur, qu'il s'agisse des attentats ou de tout autre drame qui nous touche. On pourrait espérer que cette communion se fasse également à l'occasion d'événements heureux mais non : si c'est festif, la fête est vite gâchée par des "troubles d'ordre public", comme on dit.

Nous avons pleuré Jacques Chirac parce que nous préférons nos présidents morts, alors que nous ferions mieux de les aimer un peu plus de leur vivant pour qu'ils aient des chances de faire des choses utiles !

Nous avons pleuré la disparition incarnée d'une époque révolue et sympa, un peu franchouillarde (dans le bon sens du terme) : on clopait partout, on était libres, les valeurs étaient claires, une certaine discipline rassurait, on n’avait pas peur des steaks frites, les féministes étaient de gentilles suffragettes et les ours polaires étaient heureux au Pôle Nord... Une nostalgie telle que nous avons oublié à quel point le regretté Jacques Chirac était en son temps peu apprécié des Français et que l’on pouvait lui reprocher tout ce que l'on reproche aux dirigeants politiques actuels : emplois fictifs, mise en examen, changements de cap, erreurs politiques, gaffes... Peu importe, il était "bien Français" et c’est le principal ! Il nous aimait, ce qui fait tout lui pardonner… et pourtant de fait, nous ne l'aimions pas tant que ça, à l'époque Bernadette Chirac soupirait : "Les Français n'aiment pas mon mari". Le résultat aujourd'hui c'est que la consommation de tête de veau, son plat favori, a doublé ces derniers jours ! C’est bien cette unité nationale de culture et d’identification que nous avons recherchée et il faut en prendre conscience, nous avons besoin de "faire peuple" mais nous ne sommes capables de le faire que dans le drame.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/le-gout-du-drame_677674

L'Etat veut tellement notre bien à tous qu'il finit par nous nuire considérablement, et de plus en plus, en étouffant la responsabilité individuelle des Français. Un Etat "super Nanny" à plein temps qui se veut nourricier et protecteur au nom de notre mère à tous la République.

 

Une République dont on perd le sens, qu'incarne- t- elle ? S'agit-il de la fierté d'un régime politique démocratique coiffé du bonnet phrygien de notre histoire ? Sachant qu'il convient de ne pas trop le revendiquer, sauf à risquer de devoir faire repentance !

Une terre de libertés de plus en plus réduites (alors que le pays de la liberté d'expression et de l'insolence est aujourd'hui muselé au nom de la bien-pensance) ?

Le pays de la liberté de la presse ? Tellement, que ce sont les médias auto-censurés qui dictent quoi penser ou plutôt quoi croire, car penser et douter finissent par être une forme de dissidence par rapport à la norme que constitue "l'opinion" politiquement correcte.

Une République d'égalité à laquelle on sacrifie la véritable équité au nom de laquelle on veut partager les richesses avant de les créer et en les prenant aux riches coupables dont la seule rédemption réside dans l'impôt salvateur (du coup on est riche avec de moins en moins de revenus) ?

Quant à la Fraternité du "slogan" républicain elle n'a plus de réalité que sur les estrades dans les discours électoraux. 

 

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/responsabilite-individuelle-comment-l-etat-nourricier-et-protecteur-nous-infantilise_676414

Certes, la bonne volonté est là mais on peut se poser la question de savoir à quoi ont bien pu servir les 2 ans de concertation sous le patronage d'un haut-commissaire aux retraites sinon à ce qu'il devienne ministre (ce qui ne devrait pas lui faciliter la tâche au contraire). Au moins donne-t-il l'exemple, car il a dépassé l'âge de la retraite.

Il est inadmissible que les Français ne puissent toujours pas comprendre comment ils vont financer leurs vieux jours. La bonne volonté ne suffit pas, encore faut-il avoir le courage de trancher et la capacité à faire de la bonne pédagogie. Les Français sont pour la réforme : qu'est-ce que ce serait s'ils étaient contre ?

Nous nous sommes donc tous émerveillés de cette méthode de concertation sans heurts qui nous a bercée pendant deux longues années pour, brutalement, nous réveiller au détour d'une petite phrase du président de la République qui a "suggéré" que le principe d'un départ avec un âge de la retraite butoir ne soit pas forcément la bonne solution et que, ma foi, la durée des cotisations serait une meilleure base de calcul ... ou les deux : on ne sait plus.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/c-est-ce-qui-s-appelle-battre-en-retraite_675424

" Etat profond ". C'est l'expression utilisée par le président de la République, lorsque celui-ci a assisté, impuissant, à la réponse d'un policier au téléphone à une femme battue, apeurée qui lui demandait de la raccompagner chez elle pour prendre quelques affaires et qu'elle avait peur... Le président était venu incognito écouter les appels du numéro spécial destiné à ces femmes : impossible de réagir. Au-delà de l'exaspération partagée par chacun d'entre nous, on est presque heureux qu'Emmanuel Macron ait vécu en direct cette opposition statique que nous constatons tous régulièrement dans nos vies professionnelles et personnelles.

Il y a une réalité insupportable de ces pesanteurs indifférentes qui bloque les réformes de la France.

Le concept d’Etat profond n'a pas été inventé dans cette circonstance, il est né en Turquie lorsque les réseaux s'opposaient à la démocratisation du pays, puis dans les États-Unis de Barak Obama et de Donal Trump qui se sont plaints à plusieurs reprises d'une forme de résistance de l'administration malgré le "spoil system" qui  permet à chaque élection présidentielle de remplacer les fonctionnaires au pouvoir.

On peut légitimement penser que le discrédit de la classe politique tient partiellement à cet "état profond" on aurait pu dire léthargique. Les mesures, les lois, les décrets d'application prennent un temps fou qui n'a rien à voir avec le temps réel devant les urgences de la vie et les besoins des citoyens ; mais il y a bien pire c'est la résistance passive d'une administration profonde qui, de fait, a le pouvoir absolu de ne rien faire, de faire trainer, d'enterrer...

Les "strates" administratives ont la peau des plus dynamiques.

Face à cela, la réaction antinomique consiste à ajouter des commissions aux commissions, des règlements aux règlements, des formulaires aux formulaires, on simplifie par ajouts. Les "fonctionnaires profonds", appelons-les ainsi, se sentent légitimes, c'est le mode de fonctionnement qu'ils ont toujours connu, protégés par ces mille feuilles que personne n’a cherché à détruire : à ce stade, il s'agit bien de détruire et non plus de réformer, il faut repartir de zéro.

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/etat-profond-tres-profond_674036