Sophie de Menthon

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Comment peut-on encore justifier le train de vie de nos palais de la République à l'heure où le gouvernement cherche partout des économies. Certes, cela ne résoudra pas la question de la dette de l’Etat, ni n’enrichira les Français, mais il faut des symboles et réformer le faste de l'intendance publique serait un excellent signal.

Dans l'ambiance un peu révolutionnaire qui plane, on peut légitimement s'interroger sur les signes extérieurs de richesse de la République et en particulier des ministères et des grandes institutions républicaines.

Certes, l'apparat est une des traditions françaises qui révèle l'ambiguïté de notre désir d’égalitarisme et de luxe. Mais cet apparat qui règne dans les ministères, à l’Elysée et à Matignon, sans parler du Sénat, de l’Assemblée Nationale et du Conseil Economique Social et Environnemental (dont l'auteur de ces lignes était membre) est devenu totalement inacceptable. Comment peut-on justifier que le CESE dont les assemblées plénières n'ont lieu que deux fois par semaine dispose d'un bureau de Poste, d'une salle de sport, d'une infirmerie avec un médecin de permanence, de trois restaurants dont un bar et de son propre kiosque à journaux !

Il faut être conscient que ce ne sont pas les économies liées à un nouveau train de vie modeste qui résoudront la question de la dette de l’Etat et qui enrichiront les Français, mais il faut des symboles. Tous les pays qui ont procédé à des réformes structurelles ont donné l'exemple en changeant ostensiblement le mode de vie des gouvernants et le train de vie de l’Etat.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/train-de-vie-de-l-etat-les-exces-ont-trop-dure_647767

93,2% des chefs d’entreprise considèrent que les Français comprennent mal le fonctionnement de l’économie, et voilà les propositions qui pourraient y remédier

Un sondage du mouvement Ethic effectué auprès des chefs d'entreprise du mouvement dans le cadre du grand débat rapporte que 90% des sondés estiment que le travail ne paie pas assez en France.

Atlantico : Le mouvement Ethic dont vous êtes la Présidente a effectué un sondage auprès de chefs d'entreprise de son mouvement dans le cadre du Grand débat. Votre enquête montre que 90% des chefs d'entreprises trouvent que le travail ne paie pas assez en France, et 77,4% pensent que c'est à eux d'améliorer leur bassin d'emploi. L'Etat ne serait-il pas jugé fiable aujourd'hui pour améliorer/simplifier la situation ? 

Sophie de Menthon : Les chefs d'entreprises d'Ethic  pensent que l'État n'est pas fiable, qu'il est davantage un empêcheur de tourner en rond alors qu'il devrait créer des conditions favorables. Les chefs d'entreprises ont pris conscience que c'est à eux de redresser le pays, 93 % regrettent un manque de compréhension économique. Bien que le ministre Blanquer ait leurs faveurs, ils voient que les jeunes ne comprennent rien à l'économie, le pays et les Français non plus. La confiance en l'État est fortement érodée.

Vous évoquez une confiance érodée de manière générale, mettez-vous également en cause l'éducation ?

Sophie de Menthon : Oui bien sûr, l'éducation des dernières années a été dramatique ! Nous n'avons pas su former les jeunes, les envoyer dans des filières où on avait besoin de recrutement. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait pas une immense majorité à vouloir faire confiance à Macron, car il est très "entreprise friendly".

Quelles sont les principales pistes que vous avancez pour répondre à la situation actuelle ?

Sophie de Menthon : Premièrement, il faut redonner aux régions du pouvoir, on a par exemple le droit de choisir régionalement à quelle vitesse on va rouler. Deuxièmement, les chefs d'entreprises se rendent compte qu'ils sont prêts à prendre des responsabilités dans les bassins d'emplois, 77 % pensent qu'ils ont un rôle à jour. Ils pensent qu'il faut se rapprocher des maires, qu'ils doivent le faire par eux-mêmes, qu'ils doivent prendre les choses en main car ils ont perdu toute confiance en l'Etat. D'ailleurs au début, 90 % des chefs d'entreprises interrogés, s'ils n'étaient pas nécessairement Gilets Jaune, adhéraient à la conclusion que le travail ne payait pas suffisamment en France.

Le mouvement Ethic a demandé au ministre de l'économie de pouvoir donner une prime défiscalisée a ses salariés, et en dehors de toutes charges sociales. Cette prime "Patron" a été renommé "prime Macron", ce qui a énervé beaucoup de chefs d'entreprises, car ils voulaient prouver qu'avec un coût du travail moins élevé eux aussi pouvaient donner plus aux salariés. Les charges patronales sont trop importantes pour 87 % des patrons, et surtout 99 % pensent que l'Etat est trop dépensier. Si vous leur donnez à choisir, ils ne préfèrent même pas de payer moins d'impôts, car ils savent que c'est impossible, mais ils disent que l'Etat doit absolument réduire ses dépenses.

Quelle place doivent prendre les chefs d'entreprises dans l'apprentissage de la culture économique ?

Sophie de Menthon : Il faut reconnaitre de vrais efforts faits par le Premier Ministre, nous somme prêts à faire nous aussi des efforts, si l'on ne nous impose pas des règles de contrôle qui brisent toutes les bonnes volontés. Par exemple l'apprentissage est une très bonne chose, mais il y a énormément de contraintes, l'apprenti n'a par exemple pas le droit de manipuler des outils, de monter sur une échelle, il doit partir et avoir tous les avantages des salariés. Lorsqu'on a envie de prendre un apprenti, il y a aussi la peur de le voir partir à la fin de l'apprentissage, car la formation nous coute cher. On paye l'école, les absences, et on est content de le faire mais si l'apprenti ne reste pas à la fin, c'est embêtant, encore plus aujourd'hui où les gens ne sont plus attachés à leur entreprise comme avant.

Les patrons sont inquiets, car nous savons par expérience que lors des débats en entreprise, si nous ne répondons pas dans les deux mois aux exigences des salariés, un mauvais climat s'installe. Quand on voit le Grand Débat, il est inquiétant de voir les récriminations qui sont toutes contradictoires, génératrices de coûts, et qui va payer ? Les entreprises.  

Les patrons sont 93,2% à considérer qu'il y a un manque de compréhension de l'économie face à la crise que traverse la France aujourd'hui. Faut-il s'y résigner ? Le monde économique est-il de fait devenu trop complexe ?

Michel Ruimy : Certes l’activité économique est complexe à comprendre. D’une part, parce que l’économie construit des théories et cherche à tester leur validité empirique le plus rigoureusement possible. Mais ces modèles théoriques sont, au mieux, valables dans un contexte donné. La pluralité des théories étant irréductible, la meilleure solutionpour comprendre l’économie n’est pas, en conséquence, d’opposer les modèles mais plutôt de choisir le plus pertinent dans chaque cas particulier.
D’autre part, le monde est encore plus complexe pour un certain nombre d’entre nous car, selon un sondage IFOP de 2016, près de 85% des Français n’ont pas bénéficié d’enseignements d’éducation budgétaire et financière, que ce soit à l’école, à l’université, dans leur entreprise ou dans un institut spécialisé.
Pour autant, il ne faut absolument pas se résigner devant cette situation pour au moins trois raisons : tout d’abord, parce qu’il y a un enjeu social (lutte contre le surendettement et la pauvreté), ensuite du fait d’un enjeu économique (les réformes économiques ne seront efficaces que si elles sont comprises) et enfin en raison d’un enjeu démocratique (la compréhension des mécanismes de base de l’économie permet d’éviter les dérives populistes).
Que faudrait-il alors pour mieux comprendre notre environnement économique ? Une stratégie d’éducation économique et financière devrait avoir pour ambition de permettre à quiconque de disposer des bases économiques, budgétaires et financières afin de prendre des décisions financières éclairées, en connaissance de cause, tout au long de sa vie. Concrètement, elle recouvrerait aussi bien l’éducation budgétaire (budget personnel ou familial), l’apprentissage des outils bancaires (banque au quotidien, épargne, assurance) que la connaissance et la compréhension des notions économiques (fonctionnement et financement de l’économie), des risques financiers et des politiques publiques.
A cette fin mais aussi pour améliorer le bien-être financier des individus et de la société et permettre de participer à la vie économique, un espace dédié a déjà été créé (portail www.mesquestionsdargent.fr) et des actions de formation et de sensibilisation ont été mises en place à destination des indépendants, artisans et petites entreprises.De son côté, le ministère de l’Éducation nationale devrait lancer prochainement l’expérimentation d’un passeport d’éducation financière dans une académie auprès d’élèves de classes de 4ème.Enfin, le musée de l’économie Citéco, sera bientôt ouvert par la Banque de France. Cette dernière développera, par ailleurs, des outils pratiques et ludiques à destination, notamment, des jeunes et des entreprises. L’accompagnement des entrepreneurs est renforcé grâce au réseau des correspondants TPE de la Banque de France.

Les patrons insistent sur le fait qu'ils attendent aujourd'hui qu'on libère les entreprises, notamment du poids administratif et fiscal. On retrouve une volonté de simplification dans toute la société. Comment l'Etat pourrait-il aujourd'hui répondre à cette demande ?

Michel Ruimy : Environ 25% de la population française considère sa relation avec l’Administration comme compliquée. Le chef d’entreprise est fier de son œuvre. Il ne souhaite pas perdre son temps à des activités de gestion auxquelles il est peu préparé. Il n’entend pas s’encombrer de gestion et de paperasses. Les démarches administratives peuvent être longues, ou demander des contacts et des déplacements répétés, les renseignements paraissent parfois inadaptés aux situations particulières des usagers, les services administratifs manquent de proactivité… telles sont les principales sources d’insatisfaction des usagers. Ceci est notamment corroboré par la place occupée par la France dans le classement mondial du Global Competitiveness Report établi par le Forum économique mondial : en termes de fardeau administratif, notre pays occupe généralement les dernières places du classement !La simplification administrative répond donc à une forte attente des usagers et constitue l’un des principaux axes d’amélioration de la qualité du service public. 
D’autant que simplifier est un enjeu de compétitivité pour les entreprises, les TPE et PME, les entrepreneurs, les indépendants, qui consacrent trop de temps aux démarches administratives. C’est également un enjeu d’attractivité pour la France qui doit convaincre les entreprises étrangères qu’elle n’est plus le pays de la complexité. C’est bon pour la croissance : lever les verrous qui peuvent freiner les initiatives permettra d’accélérer la reprise et de créer plus d’emplois. Il a été estimé qu’une réduction d’un quart des charges administratives pourrait engendrer, en France, des économies de l’ordre de 15 milliards d’euros pour les entreprises et, selon la Commission européenne, permettrait une augmentation du Produit intérieur brut européen de 0,8 % à court terme et de 1,4 % à plus long terme.
Mais simplifier les démarches et les formalités administratives pour les entreprises est un chantier important qui dure depuis des années. Beaucoup a déjà été fait pour faciliter la vie quotidienne des entreprises et des particuliers : bâtir une relation de confiance entre l’Administration et ses usagers, favoriser un gain collectif de temps et d’argent… De nouvelles mesures de simplification en faveur du développement économique et de l’emploi sont régulièrement présentées. Cette dynamique doit continuer afin d’avoir un État plus réactif au service des citoyens.

Dans cette enquête, les patrons insistent beaucoup sur le retour à l'échelle du bassin d'emploi. Quels sont les obstacles ?

Michel Ruimy : Il ressort de cette consultation que l’omniprésence de l’État dans toutes les décisions fiscales et sociales doit laisser la place aux entreprises. Celles-ci seraient mieux placées pour savoir ce qui est bon pour leurs salariés et pour elles sur les sujets ayant un impact direct ou indirect sur leur activité comme, par exemple, pouvoir être consultées sur l’éducation et la formation afin que les diplômes correspondent à la demande en matière d’emploi. 
Cette idée sur la place de l’entreprise dans la société est un débat ancien.Bien que selon le Code civil, une entreprise n’existe qu’« en vue de partager le bénéfice ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter », son rôle ne se limite pas qu’à la réalisation de profits.Par exemple, ladéfinition de l’entreprise dans le droit ne reconnait pas la notion d’intérêt social et n’incite pas les entreprises à s’interroger sur leur raison d’être.C’est pourquoi, aujourd’hui, l’article 61 du projet de loi PACTE relatif à la place des entreprises dans la société veut renforcer la prise en considération des enjeux sociaux et environnementaux dans la stratégie et l’activité des entreprises.
L’idée exprimée par les patrons d’entreprise est intéressante mais semble être aussi un vœu pieu. Être un dirigeant de PME, à l’image d’un homme politique,est une occupation à plein temps. Cette idée n’a de sens et d’effet que si elle accompagne une évolution dans les cultures et les mentalités.
Au moment où chacun s’accorde à reconnaître le rôle sociétal de l’entreprise, plus que d’obstacles, il conviendrait, peut-être bien de parler de la valeur ajoutée d’un parrainage d’un politicien expérimenté pour accompagner les chefs d’entreprise dans leurs initiatives.En la matière, il y a encore beaucoup de choses à faire, notamment contribuer à créer un vrai climat de confiance. Si cela fonctionne, nous ne pourrons que nous réjouir de l’émergence d’un nouveau paysage économique dans lequel les petites entreprises pourront - enfin - jouer un grand rôle dans la définition de notre Société.

 

Même si nous venons d’apprendre que la France est championne du monde de l'égalité hommes-femmes pour la Banque mondiale, ce qui signifie que sur le plan juridique une femme a autant de chance de réussir sa vie qu’un homme, il reste malheureusement beaucoup à faire pour que la parité soit parfaite dans les entreprises en termes de salaire ou d’égalité des chances pour accéder à des postes clés.

 

Beaucoup à faire : cela veut dire notamment que les femmes ne doivent pas hésiter à réclamer !

Ce serait une façon plus efficace de contribuer à une égalité salariale entre les femmes et les hommes. Une façon juste, nécessaire et plus saine que de recourir, encore une fois, à la loi et aux contraintes.

 

Le baromètre imposé à partir de mars 2020 pour les entreprises de plus de 50 salariés reprend des mauvaises habitudes :

        Une usine à gaz administrative qui engendre un coût et de la complexité ;

        Une contrainte supplémentaire ;

        L’utilisation, une fois de plus, du « Name and Shame » (complétant celui de la fraude fiscale).

 

Selon moi  : « Les femmes ne réclament pas suffisamment de promotions ni d’augmentations. Les grandes entreprises doivent donner l’exemple car elles ont davantage les moyens de travailler sur cette égalité. N’oublions pas que pour augmenter au sein des PME, il faut avant tout que l’entreprise soit profitable. »

 

En conclusion, je me bats avec le Mouvement ETHIC que je préside pour cette égalité en préférant au principe systématique de nouvelles contraintes coûteuses le volontarisme des femmes et le sens de l’écoute de ceux qui les emploient.

Il faut dénoncer et lutter contre les agressions et privations de liberté des femmes, mais il serait bon aussi de profiter de la journée internationale des droits des femmes pour valoriser le statut et la condition des femmes françaises.

Une fois par an, la journée internationale des droits des femmes en France est devenue un véritable fourre-tout sous prétexte de l'honorer ou de la protéger contre les hommes, ses pires ennemis! Cette année est placée sous le signe du vocabulaire. L'Académie française, après des années de résistance, a cédé à la féminisation des métiers et des fonctions, parfois en bravant le ridicule. Ainsi, votre talent oratoire ne fera pas de vous un tribun mais une tribune, le gourmet deviendra gourmette mais pas à votre poignet! Carabin sera carabine, le jardinier sera jardinière... Certainement un excellent moyen de faire évoluer "la cause des femmes", du moins dans le dictionnaire. Quelle cause d'ailleurs?

Laissez-nous aussi être des femmes comme nous le souhaitons, ne méprisons pas celles qui préfèrent consacrer plus de temps à leurs enfants plutôt que de casser le plafond de verre -à déplorer- de la promotion professionnelle. N'est-ce pas ce que voulait dire Françoise Giroud en revendiquant que "les femmes ne sont pas des hommes comme les autres".

Ce vendredi 8 mars sera toutefois comme tous les ans le marronnier-alibi qui permet de chercher de nouvelles têtes à promouvoir dans les médias sur le thème "Vous voyez, elles aussi réussissent!", comme si on en doutait. On aura droit à des animations du type: "c'est une femme qui sera rédacteur en chef du journal aujourd'hui", ou encore "numéro spécial consacré uniquement aux femmes" (discrimination?), sans parler de la pub à tout-va et ceux qui, ne perdant pas le nord, font à cette occasion une promotion sur les lessives (sic).

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/pourquoi-les-francais-detestent-ils-autant-leurs-elites_645210

Les Français ne supportent plus leurs élites. Ce populisme dangereux s'accompagne d'une perte globale de nos valeurs. Pour y remédier, il faut que les Français se responsabilisent et n'attendent pas systématiquement que l'Etat règle leurs problèmes. 

L'acceptation de l'impôt est avant tout une acceptation de l'État et une adhésion à ce qu'il en fait. Or ce rejet originel des gilets jaunes sur les taxes et leur légitime désir que le travail paie mieux en France s'est presque instantanément transformé en un rejet des élites avec une inquiétante dérive.

Bien sûr, la violence est le fait d’« éléments incontrôlés » (on aimerait bien qu’ils soient enfin « contrôlés »), mais ce qui est aujourd’hui beaucoup plus important se situe dans cette ambiance révolutionnaire avec un retour de la lutte des classes élargie.

Méprisables et coupables nos élites ? Non, pas plus que d’autres, pas plus que d’habitude, mais il n’en demeure pas moins que le peuple au sens large n’en veut plus, sachant que ces élites ne sont plus les mêmes qu’hier.

Les nouveaux aristos que l’on voudrait voir à la lanterne sont ces élites, incarnées aussi bien par les élus (petite exception pour les maires qui ont vécus comme des «  villageois » ), les banquiers, détestés plus particulièrement depuis que Wall street est devenu tout puissant avec tout ce que cela sous-entend de richesses incompréhensibles, les grands patrons qui « s’en mettent plein les poches », les journalistes sans distinction car ils ont le pouvoir, les forces de l’ordre sauf quand on a vraiment besoin d’elles et puis les riches bien sûr, le voisin nanti...

 

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Bonne nouvelle : en France, l'entreprise s'en sort et devient le socle de stabilité de la République. Mais pour que cela perdure, il faut redonner l'initiative aux salariés et à ceux qui les dirigent. Redonner au secteur privé les missions que l’Etat assure mal.

La France en ce moment ressemble à la dernière image du banquet de la célèbre BD d'Astérix au cours de laquelle tous se battent entre eux, sans savoir exactement pourquoi mais sur tous les sujets. Extraordinaire capharnaüm : rien ne résiste à l'esprit révolutionnaire ambiant. Tout y passe, les partenaires sociaux ne s'entendent pas - d'ailleurs ils n'ont jamais été d'accord -, les politiques se surpassent dans la division et saisissent n'importe quel prétexte pour discréditer l'adversaire, l'église et le clergé vivent l'enfer, la justice n'arrive plus à être juste, les racistes reprennent du poil de la bête immonde, les impôts se portent bien et servent de sparadrap pour faire croire qu'on agit, l'Etat est plus dispendieux que jamais sans satisfaire personne, les élections européennes laissent présager le pire, seuls les rats apprécient la capitale qui n'est qu'un immense embouteillage de travaux et de manifs, les carrefours français sont devenus des zones de blocage aux activités multiples, les samedis s'enchaînent en happenings...

Mais il y a une vraie bonne nouvelle, c'est que seule l'entreprise s'en sort, elle résiste à toutes les échauffourées et devient le socle de stabilité de la République. C'est en cette "institution" que les Français ont confiance et en elle seule. Ils la placent loin devant en termes de confiance et de réconfort, juste après leurs familles. On remarquera qu'elle sort indemne des centaines de récriminations qui nous minent confirmant que  " L'entreprise est une communauté et, à côté de la famille, une des cellules de base de notre société, un de ses indispensables corps intermédiaires. Comme telle, elle est un espace de liberté, de créativité, d'accomplissement de soi, de fraternité. " Ph.Le Tourneau.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/au-milieu-des-crises-l-entreprise-resiste-bien_643894

Créer le régime de l'auto-entrepreneur, qui permettait de se "mettre à son compte", a fourni un formidable souffle de liberté qui correspond aujourd’hui à un vrai changement de mentalité et d'attitude par rapport à l’emploi. S'ils doivent être sanctionnés, les abus qui ont émergé autour de ce régime ne sauraient cacher le fléau du coût du travail pour les chefs d'entreprise.
Il y a dix ans, le 1er janvier 2009, le régime de l'auto-entrepreneur (désormais baptisé micro-entrepreneur) entre en vigueur grâce au secrétaire d’Etat en charge des PME, Hervé Novelli (dans le cadre de l'article 1 de la Loi de modernisation de l'économie). Il est destiné aux personnes physiques exerçant une activité d’agent commercial, de commerçant, d’artisan, d’artisan-commerçant ou une activité libérale en entreprise individuelle.
 
On peut considérer que c'est la réforme la plus importante de ces dix dernières années, permettant de se "mettre à son compte", une belle formule du passé qui indiquait que l'on prenait le risque de devenir entrepreneur. Un formidable souffle de liberté pour l’emploi qui s'avérait prémonitoire, car cela correspond aujourd’hui à un vrai changement de mentalité et d'attitude par rapport à l’emploi. Hervé Novelli peut être fier et il le dit: "Dix ans après, ce régime compte 1,3 million d'inscrits actifs. Ils ont en 2018 déclarés 10 milliards d’euros de chiffre d'affaires et fait rentrer 2 milliards d’euros dans la Caisse Primaire d’Assurance Maladie!"
 
45% d'auto-entrepreneurs dans le total des entreprises créées au cours des 12 derniers mois... Mais attention à ne pas être victime du succès. Ce régime en effet permet de fuir toutes les contraintes d'un côté et de l'autre. Une forme de dévoiement était inévitable. On pense en particulier à des artisans ou à certaines PME qui, pour ne pas payer trop de charges patronales, demandent à leurs salariés d’utiliser cet outil. L’externalisation abusive des salariés est de plus en plus fréquente, elle permet à certains employeurs de se soustraire à leurs obligations salariales.

 

 
Retrouvez l'intégralité de l'article https://www.challenges.fr/economie/auto-entrepreneurs-attaquons-nous-aussi-au-cout-du-travail_642308

Depuis le lancement du grand débat on ne comprend plus rien. Les fausses réformes s'enchaînent dans une guirlande de fake news constituées par la créativité quotidienne et le débriefing des grands débats régionaux....

Ce n'est plus un film, ni même un feuilleton, c'est le festival d'Avignon avec des pièces à rebondissement à chaque coin de rue. Ce serait très distrayant et même drôle si la situation ne devenait alarmante pour ceux qui bossent, qui voudraient que leur pays aille bien, qui souhaitent prévoir sinon l'avenir du moins préserver leur trésorerie personnelle ou celle de leur entreprise, et puis pouvoir aller faire tranquillement des courses samedi prochain.

On fluctue au gré du temps et de la chienlit politique mais la confusion mentale atteint un paroxysme. On ne comprend plus rien, on a la tête qui tourne, les fausses réformes s'enchaînent dans une guirlande de fake news constituées par la créativité quotidienne et le débriefing des grands débats régionaux (avant le grand débat lui-même). Nous sommes suspendus aux retransmissions télévisées sous la houlette de notre jeune premier national, manches retroussées tel "Mister Smith au Sénat" comme aux meilleures heures de la Metro-Goldwyn-Mayer: public satisfait, standing ovations et James Stewart y prend goût, d'autant que ses sondages remontent.

Sauf que les Gilets jaunes s'accrochent à leurs propres shows aidés récemment par des intermittents du spectacle syndicalisés qui font leur réapparition.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/quand-le-grand-debat-nourrit-doute-et-confusion_641137

« Caissière », « chômeur », « race »… Certains mots choquent en public et sont remplacés par un charabia positif qui nous embobine et nous fait voir la vie en rose. 

Le « normal » est scandaleux, car par définition il sous-entend qu’il y a des choses ou des comportements anormaux, donc c’est de la discrimination. Tout de nos jours est potentiellement blessant, en particulier dans les mots et il convient de faire stopper cette maltraitance sémantique.

Ils nous disent des mots d’amour…

Pour l’instant, nous tentons de gommer nos maux par des mots, et par des expressions qui éloignent le danger. Ainsi, notre vie devient un chemin de roses. Nous ne vieillissons plus : nous avançons en âge, les crèmes antirides s’acheminent vers des crèmes anti avancement en âge ; d’autant qu’il n’y a plus de vieux, au mieux des seniors qui font la « silver économie » (rapport aux temps argentés !), comme pour les bouillies on a le premier âge… puis le troisième âge, le quatrième âge, et on attend le cinquième. De toute façon, on ne meurt plus, on décède (plus cool) et nos chers disparus ne sont pas morts, ils nous ont juste quittés… Des suites d’une longue maladie et certainement pas d’un cancer.

Socialement, de quoi se plaint-on ? Les postes ont remarquablement bien évolué et les caissières sont devenues des hôtesses de caisse, c’est quand même autre chose ! L’instituteur est le professeur des écoles (c’est beau), il faut dire que le programme suit. Ainsi, vous connaissiez les rédactions, les dissertations, les explications de texte… mais certainement pas « l’écriture d’invention » ? Dont la  dénomination est un barbarisme en soi ! L’Education nationale est une source d’inspiration inépuisable pour réinventer les précieuses ridicules en « live », pardon : les « précieux ridicules » (pas de sexisme) souvenez-vous aussi du référentiel bondissant (un ballon) et allez vite dire à votre fils de faire sa « lecture cursive » ?

Salauds de « démunis » !

Les pauvres ne le sont plus vraiment dans les mots, ils sont défavorisés, ou encore « à faible revenu », voire « parmi les plus démunis », RMIstes… De toute façon, ils ne sont plus chômeurs car ils sont demandeurs d’emplois… sauf quand ils ne demandent rien. Et c’est de notre faute parce que c’est trop compliqué pour qu’ils sachent quoi demander (pas faux). Christophe Castaner a franchi une nouvelle étape dans le positif. Selon lui, ils sont « en situation de non emploi » ; d’ailleurs côté patron on ne licencie plus, on réduit les effectifs. Nos paysans devenus agriculteurs sont maintenant des « exploitants agricoles » bien qu’il ne faille pas bon exploiter quoique ce soit, ni la terre ni les hommes… pour un peu qu’ils exploitent un ouvrier agricole ça risque de mal tourner ; on pourrait les appeler par exemple « entrepreneurs cultivateurs terriens » ?

Le « migrant » définit par un terme générique tous ceux qui transitent de quelque façon que ce soit, droit ou pas droit, papiers ou pas, réfugiés politique ou suspects, le tout étant de ne surtout pas faire de différence et, horreur parmi les horreurs, de les « stigmatiser ». On ne les expulse certainement pas, au mieux « on les éloigne » (Gérard Colomb).

Bruno Le Maire supprime les « impôts »

Il faut avoir de l’imagination et de l’esprit de répartie pour innover comme Cédric Villani. Quand on lui demande pourquoi son rapport est en retard de deux mois, la réponse vient du tac au tac : « Pas du tout : il s’inscrit dans un nouveau calendrier » !

Fini les voyous des films de Belmondo, restent des jeunes défavorisés qui se livrent à des incivilités, pas des délinquants, non ! De la même façon, les gens du voyage sont en principe plus sympathiques que des gitans, en plus la Gitane peut évoquer une cigarette et cela pourrait être pris pour de la publicité subliminale pour le tabac…

Le camping lui-même a disparu : le campeur fréquente maintenant « l’hôtellerie de plein air » avec ses étoiles, c’est du haut de gamme.

Plus d’impôts : selon les ministres (Bruno Le Maire ou Elizabeth Borne) ce sont des « prélèvements » ou encore, voilà qui nous réjouit l’âme : « De nouvelles ressources ». Est-ce que cela calmera les contribuables ?

Fini les « fautes » d’orthographe !

Plus question de culpabiliser qui que ce soit, sauf les riches (à volonté). Ainsi, une linguiste professeur de sociologie s’indignait-elle récemment que l’on parle de « fautes d’orthographe ». Non pas que l’on en fasse, mais qu’on les baptise ainsi, car l’aspect moral de la faute serait insupportable pour le contrevenant, il convient donc, selon cette dernière, de parler « d’erreur d’orthographe », vos enfants vont adorer les dictées sans fautes.

La bienveillance est partout : plongez-vous dans les récits de conte de fées des magazines féminins sur les « familles recomposées » avec des descriptions idylliques qui vont vous remonter le moral si vous vous sentez une âme de marâtre. Il faut « faire famille » dans le sens ou il faut faire groupe, bienvenue aux ex.

La météo des bons sentiments

Et puis il y a les vrais interdits, les mots définitivement bannis comme « race » (je n’ose même plus l’écrire, même pour mon beagle). La météo s’y met, il ne pleut plus : on a une dépression sur nos têtes et ça personne ne le conteste ! C’est probablement pour cela que nous sommes les premiers consommateurs d’antidépresseurs. Il ne fait d’ailleurs plus jamais beau et lorsque c’est le cas, c’est seulement l’anticyclone des Açores qui est bloqué au-dessus de l’Hexagone.

 

Retrouvez l'article sur https://www.causeur.fr/sophie-de-menthon-politiquement-correct-2-158830

Créer un malus pour les contrats courts relève de l'ignorance économique et d'une méconnaissance criante des besoins des entreprises. Alors que la France entière se révolte en ce moment contre l'impôt, voilà qu'une nouvelle usine à gaz se profile. 

 

Les bonus-malus, autrement dit la carotte et le bâton, deviennent un mode de gouvernement. Cette fois, le malus s'appliquerait aux CDD, aux contrats courts, qui sont en forte progression, alors que le bonus féliciterait les bons entrepreneurs qui recrutent uniquement en contrat indéterminé. Dans ce cas, pourquoi ne pas donner un super bonus à l'État qui lui engage les fonctionnaires à vie? Mais qui ne se prive pas en douce de recruter des contractuels…Au-delà même du manque de flexibilité induit que constitue cette épée de Damoclès, les termes sont particulièrement mal choisis, en effet quelle tristesse pour un chef d'entreprise lorsqu'il recrute d'avoir droit à un malus! Le mal est donc dans le recrutement…

 

Cela relève à la fois d'une ignorance économique au plus haut niveau en ce qui concerne les besoins concrets des entreprises en matière d'emploi, mais nous assistons aussi à un retour du dirigisme dont ce gouvernement nous avait semblé être le fossoyeur. Dirigisme sur la méthode puisque le Président de la République s'est prononcé fermement: que reste-il donc à négocier aux partenaires sociaux ? Pour une fois que certains étaient plutôt d'accord pour prendre les choses sous un angle différent et s'occuper de la "personne" (le salarié) plutôt que de la durée du contrat, le jugement de Salomon (pardon… de Jupiter) est tombé.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/economie/la-stupidite-des-bonus-malus-sur-les-contrats-courts_639751