Sophie de Menthon

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Est-ce la faute des médias avides de conflits pour créer du débat ? Est-ce la faute des hommes politiques qui se jettent sur tous les prétextes et sur tous les sujets pour lancer une polémique ? Est-ce la faute des "citoyens" qui s'imaginent que la démocratie participative c'est d'avoir personnellement raison ? Est-ce la faute des réseaux sociaux qui offrent la possibilité d'insulter tous ceux qui ne sont pas d'accord avec soi ? Est-ce le fait du rejet des élites intellectuelles ou même scientifiques qui ont perdu leur crédit ? Est-ce la faute des sondages quotidiens qui ne laissent plus de place à l'opinion sinon pour lui annoncer ce qu'elle pense ? Toujours est-il que la France devient hystérique...

 

La vérité n'est plus qu'une opinion comme une autre avec laquelle "on a le droit" de ne pas être d'accord ! "Et pourtant elle tourne", disait Galilée, en chuchotant pour éviter la mort. Nous en sommes là. Faire preuve de nuance, se laisser convaincre par un argument est vécu comme une trahison, changer d'avis, prendre position sur un sujet qui ne correspond pas à la case dans laquelle vous êtes classée est impossible. On a tué le vrai débat d'idées, celui qui enrichît et  cette bouillie d'actualité finit par détruire nos valeurs et notre intelligence collective.

Le jugement de la sacro-sainte opinion prévaut sur la vérité scientifique et même sur le bon sens. L'exigence de moralement correct est inversement proportionnelle à l'évolution haineuse de ceux qui la revendiquent. On veut se venger des riches, faire des procès publics en place de grève, l'esprit de récrimination l'a emporté sur la sagesse. La détestation de "l'autre" quel qu'il soit, étranger, religieux, opposant, riche, migrant, profiteur de "nos" droits… a pris le dessus. Vous avez dit bienveillance ? Vous savez cette vertu nouvelle à la mode... On réclame des excuses publiques à tout bout de champ mais personne ne pardonne quoi que ce soit, la mémoire de nos ordinateurs est là pour nous le rappeler et interdire ce fameux droit à l'oubli. Le pardon est aujourd'hui réduit à l'état de projet de loi.

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/pourquoi-la-france-est-devenue-hysterique_655722

La France est en panne de réforme. L'administration a jeté un glacis paralysant sur tous les projets. Tous les rouages administratifs de notre pays mettent leur énergie à ce que rien ne bouge. Et Macron comme Edouard Philippe sont bien impuissants.

Les moulinets avec les micros, les incantations, les engueulades en conseil des ministres, la véhémence des promesses... tout cela n'y change rien. Les chefs d'entreprises regardent goguenards, les images du séminaire gouvernemental avec 80 intéressés au coude à coude, chacun drapé dans ses propositions, ses contre-propositions et son impuissance.

Pauvre premier ministre, il aimerait bien... pauvre Président de la République face à la machine à broyer qu'il alimente involontairement en créant séminaires, commissions, groupes de travail qui viendront tels de nouveaux grains de sable gripper le cours des choses, chacun voulant témoigner de son importance. Rien ne semble pouvoir entraver l'inéluctable rouleau compresseur du système administratif politico règlementaire et législatif. Les "arrêtés" portent bien leurs noms, ils arrêtent! alors qu'ils devraient permettre.  Tous ceux qui sont au contact des pouvoirs publics le savent et en témoignent. Au-delà de la mise en scène d'un volontarisme en bras de chemise et l'emploi d'un vocabulaire prometteur offensif et guerrier, la machine à ne rien faire a repris ses droits dans l'appareil d'État.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/l-etat-ou-la-machine-a-ne-surtout-rien-faire_655171

 

La France, c'est-à-dire l'administration française n'est pas "managée" mais dirigée, comme si les services généraux d'une entreprise faisaient office de direction générale n'obéissant qu'à eux-mêmes. Il est donc très difficile de croire à une vraie réforme sans un préalable incontournable : reconfigurer les services de l'Etat.

En écoutant Emmanuel Macron distribuer les rôles dans son allocution-programme, on ne pouvait s'empêcher de penser à une petite vengeance ironique du type : " Ah! Je suis seul et je gouverne seul ? Ah! Je n'écoute personne et j'agis sans consulter mon gouvernement? Et bien on va voir ..." Et les projets de réformes de s'enchaîner divers et variés, avec attribution des tâches. Le Premier ministre prenait des notes avec l'assiduité du meilleur élève le jour de la rentrée. Tous les ministres en faisaient autant avec une attention inhabituelle. Les pauvres ! Tout à coup le Président déléguait, gaullien dans son autorité et redonnant à la Ve République la définition constitutionnelle première : le Président donne les orientations et le Premier ministre se démm... … pardon : exécute.

Est-ce pour autant rassurant ? Le gouvernement à la tâche, mais quelle tâche ? Oui, le président de la République était bien à la hauteur mais c’est le "il n’y a plus qu’à…" qui laisse songeur.

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/reforme-de-l-etat-et-si-on-s-inspirait-des-entreprises_654547

Décrié par les commentateurs, le président de la République a pourtant délivré un discours sincère et sans emphase, en restant cohérent sur ses promesses de campagne tout en montrant qu'il avait tiré les enseignements de ses erreurs.

"Gouverner, c'est mécontenter", en vertu de ce principe, un discours et une conférence de presse ne s'évaluent que par le contexte national et sociétal du moment. Emmanuel Macron en voit de toutes les couleurs et depuis des mois! On veut sa tête, on exige tout et son contraire, la classe politique a perdu tout sens de l'intérêt national et préfère l'échec de la France au succès de Macron. Non, je ne suis pas une "Macrolâtre", loin de-là, j'ai depuis deux ans été souvent déçue, parfois choquée, je reste sur ma faim sur la réforme de l'Etat, sur la baisse des dépenses publiques, sur ces fameuses missions régaliennes que j'espère voir définir tous les matins… Et pourtant salut l'artiste !

Il est à noter que le discours à peine délivré jeudi 25 avril, tous les commentateurs et les chroniqueurs sans exception étaient à la recherche des critiques, cherchant à tout prix ce qui pouvait décevoir ou ne pas satisfaire. Même le sondage ODOXA était de mauvaise foi: 63% des Français n'ont pas été convaincus même si entre 52% et 54% se félicitent des mesures proposées… mais le total n'était pas content!

En France, on vous accuse "d'être hors-sol" quand vous prenez de la hauteur, or oui, le président de la République a manifesté de la hauteur de vue et a surtout fait preuve d'une forme de courage inhabituel chez nos politiques qui ne sont jamais meilleurs que lorsqu'ils reculent. Emmanuel Macron n'a été ni complaisant ni inflexible, il a tenu des promesses de campagne qui ne peuvent que lui attirer les foudres des fameux gilets jaunes. Il n'a pas tenté de sauver sa peau en accordant avec démagogie ce que la rue réclame. Il a renoncé à la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires pour donner satisfaction à une France périphérique qui voit ses écoles et ses hôpitaux fermer. Le non renouvellement des fonctionnaires ne se fera que dans le secteur administratif...

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/gilets-jaunes-benalla-impots-oui-macron-a-ete-bon_654367

Tous les sujets sont bons pour devenir instantanément conflictuels, tout le monde croit savoir et détenir la vérité, plus c’est complexe mieux on sait. Tout le monde a un avis sur tout, sur la rénovation et la flèche de Notre-Dame jusqu'à la gestion du dossier des retraites...

On assiste impuissants aux récriminations en tous genres, aux débats les plus stériles, aux violences tous azimuts, aux lamentations sans fondements, aux incantations politiques... comme dirait mon voisin de bureau : « on ne sait plus où on habite ».  

Les médias en rajoutent, en boucle, pour que nous ne rations rien de ce qui pourrait aller encore plus mal. On consulte les « spécialistes », on se veut équitable sur le temps de parole donné à chaque détenteur d’une opinion sans intérêt : celui dont l’église du village a déjà flambé, le témoin ou son cousin, le gilet jaune pro-casseur contre le gilet jaune pacifique, les mesures post-débats avant qu’elles ne soient officielles, etc. le tout saupoudré de « commentaires avisés »... plutôt un grand déballage de foire à la farfouille. Tout se mélange, les samedis indignes, les propos outranciers, les « fake news » en d'autres termes en français les calomnies, les colportages, les rumeurs, les affabulations, les faux bruits... le terme de « fake news » est une dégradation en soi, la richesse de notre vocabulaire abandonnée au profit du langage Trumpiste et le pire c’est que l'expression est employée au plus haut niveau et par les mêmes qui interdisent à nos entreprises l’emploi de l’anglais sans un sévère encadrement ! 

 

Les attentats, les grèves innombrables, l’Europe, le pseudo déni démocratique, la lutte des classes plus vive que jamais, la détestation de nos riches mécènes, tout est prétexte à division et à rancœur. Nous vivons une insurrection générale froide sans aucun point commun sinon un ras-le-bol général savamment entretenu par tous ceux qui pensent en tirer profit, un bourrage de crâne permanent qui empêche de penser !

La catastrophe dont fut victime Notre-Dame de Paris ne nous aura pas rapprochés très longtemps, en 3 jours on était retombé dans les pires affres de la division : Comment ça reconstruire en 5 ans ? Bassesse commerciale pour les jeux olympiques ? Scandale ! Comment ça oser lancer un concours d’architecture international pour un monument symbole français de la Chrétienté ? Scandale ! Et la flèche de Violet le Duc qui tourne à la bataille d’Hernani ? Et les mécènes : ces riches haïssables qui en profitent pour défiscaliser et qui méritent le bûcher, scandale ! Sans compter que maintenant il y a trop d‘argent alors qu’il paraît qu’il n’y en a pas pour les plus démunis, scandale ! Et que va-t-on faire du surplus ? « Restaurer d’autres églises » : disent les légitimistes, ou bien créer un fond pour les gilets jaunes pendant qu’on y est !

Tout est politique, tout est prétexte à s’opposer, tout est dans tout, et tout est de la faute de Macron. "Qu’il s’en aille et comme ça on revotera pour lui" : disent les plus optimistes avec une curieuse logique « de toutes façons Marine Le Pen, je n’en ai même plus peur » : ajoutent les bourgeois téméraires. Les dieux sont tombés sur la tête et Notre-Dame n’y peut rien, la violence entre Français continue, s’attise ; il y a ceux qui disent que les manifs et les casseurs  « ça suffit » et qu’il faut tirer dans le tas (ne pas prendre l’expression au pied de la lettre tout de même) contre ceux qui insultent et menacent les policiers, ceux qui prétendent que la démocratie est en jeu et que la liberté de manifester est un droit inaliénable, ceux qui hurlent à l’atteinte à la liberté de la presse parce qu’on trouve déplaisantes les pancartes « suicidez-vous ! » reprises en chœur ; pire on a mis en garde à vue un pauvre journaliste innocent sous prétexte qu’il a des convictions d’extrême gauche qu’il est fiché S et qu’il a fait un doigt d‘honneur aux forces de l’ordre. 

Certains prennent le Ministre de l’Intérieur pour un videur de boîte de nuit et le préfet pour un facho, comment rétablir l’ordre dans ces conditions ?! Dès qu'on réagit mollement "le pouvoir est complice" pour mieux écœurer les Français et nuire aux revendications des gilets jaunes et lorsqu'on fait preuve de fermeté, « le pouvoir est fasciste et totalitariste ». Quelle marge de manœuvre ? Et ne me dites pas que la solution se trouve dans les réponses au grand débat, on n’en est plus là.

Au nom de la démocratie, de la liberté d’expression, de la liberté de manifester, la France qui n'y comprend plus rien et foulent toutes les valeurs de respect, de bon sens, de dignité on justifie l’insulte, la haine, le vol, la violence... quel spectacle ! 

Le « minoritarisme » nous gouverne, peu importe le suffrage universel, la majorité silencieuse ou bruyante, la tempérance, on ne relativise plus rien. La minorité a raison et a droit à tout parce qu’elle est minoritaire, donc forcément stigmatisée et défavorisée. Avec ce type de raisonnement, on va droit à la guerre civile au nom de la bienveillance et du politiquement correct. La République du Droit est devenue celle du  « droit à tout », devoir est un gros mot et travail n’en parlons pas... 

Le Président de la République ne serait pas légitime parce qu’il a été élu par une minorité de la majorité, c’est la remise en cause du suffrage universel ce qui est d’autant plus incompréhensible que ce sont bien les Français qui votent de moins en moins... et s’en plaignent.

Bref ! un écœurement général qui fait douter de la fierté d’être Français, douter de nos congénères, douter de nos médias, douter de nos politiques, douter de nous-mêmes... 

Bon courage Monsieur le Président ! Que l'on soit avec ou contre vous... nous en avons tous assez !

 

Retrouvez l'article sur https://www.atlantico.fr/decryptage/3571234/grand-debat--ce-vent-de-betise-qui-siffle-sur-nos-tetes-notre-dame-de-paris-reforme-mesures-europe-politique-emmanuel-macron-sophie-de-menthon-

Les entreprises retrouvent enfin leur place. Elles veulent recruter plus et mieux, s’impliquer sur un plan sociétal. Elles mobilisent leurs collaborateurs pour aller voter. Et elles ont réalisé un espoir collectif par leur participation immédiate à la reconstruction de Notre Dame.

Le désarroi dans lequel se trouve actuellement la France a ceci de bon qu'il redonne à l'entreprise une place qu'elle n'a jamais eue. L'entreprise réhabilitée, l'entreprise valeur refuge, nous en avons rêvé. Le socle entrepreneurial est devenu aujourd'hui un repère et un recours dans de nombreux domaines.

Devant l'effroyable incendie de Notre Dame de Paris, saluons la réaction immédiate des deux grands chefs d'entreprise François Pinault et Bernard Arnault qui, les premiers, ont proposé de consacrer l'un 100 millions et l'autre 200 millions d'euros à la reconstruction de notre cathédrale en entraînant beaucoup d'autres. Des gestes symboliques qui, espérons-le, redoreront un peu l'image injuste de ces "salauds de patrons" du CAC 40 !

Le mouvement ETHIC a également lancé un appel à ses membres. Nous n'avons pas l'habitude en France de reconnaître la place et le rôle du mécénat, reléguant souvent celui-ci à une forme de " charité " dont les riches feraient preuve pour se dédouaner d'avoir gagné de l'argent. Evidemment, les extrémistes de toujours ont beau jeu de dire que ces dons sont une aubaine fiscale, que c'est " juste de la com' ", que c'est l'argent qui n'a pas été versé pour sauver des vies humaines... Les réseaux sociaux touchent les bas-fonds des âmes noires.

 

Retrouvez l'intérgalité de l'article sur https://www.challenges.fr/economie/notre-dame-merci-patrons_653631

Il est sain qu’un pays, une entreprise, une famille se constitue un patrimoine en s’appuyant sur un capital. En revanche, il est important que la société garde une vraie fluidité et que le pouvoir de quelques-uns n’empêche pas les autres de réussir.

Les Français sont schizophrènes dans leur rapport à l'argent et cela ne va pas simplifier la fameuse " sortie du grand débat".

Il est intéressant de voir l'unanimisme autour de la volonté de rétablissement de l'ISF qui, on le sait, est un impôt qui ne rapporte presque rien et donne à l'étranger un signal très négatif de notre rapport à l'enrichissement ; à l'inverse, le symbole consistant à taxer la fortune est d'autant plus fort chez nous que les Français refusent de comprendre l'économie, victimes depuis si longtemps d'une idéologie anti capitaliste. Rappelons que la moitié des Français seulement paie l'impôt sur le revenu et qu'en conséquence ce sont toujours les mêmes qui ont le sentiment de contribuer à l'effort fiscal. Paradoxalement, le sentiment d'injustice est des deux cotés : ceux qui le paient n'apprécient pas d'être quasi minoritaires à le payer et ceux qui ne le paient pas estiment qu'ils sont victimes de ceux qui le paient. Cela contribue à remettre pour tous en question le consentement à l'impôt et donc le sentiment d'appartenance à la nation sans compter la détestation des politiques qui ne seraient que des fermiers généraux !

 

Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/economie/pour-un-big-bang-de-la-fiscalite_653127

 

La crise du Brexit met en lumière la carence de tout un système politique européen, son absence de vision et son incapacité à s’avérer efficace.
On brasse beaucoup d'air sur le feuilleton politico-médiatique au nom alléchant de Brexit, en passant sous silence la réalité économique de ce retrait de l'Angleterre de l'Union Européenne. Car il s'agit d'abord d'une répercussion économique concrète qu'il aurait fallu traiter comme telle dès le début, or rien n'a été prévu et dit sous le prisme prioritaire de l'avenir des entreprises, de l'emploi et de l'intérêt des salariés. L'agitation politique actuelle n'a pas de sens, sinon pour que des leaders politiques montrent leur peu de muscles.
Depuis le départ, tout le monde a contribué à cet échec européen. Comme dans une cour de récréation, on a voulu menacer, faire peur, punir et ce dans tous les pays ou presque. La seule rengaine non convaincante est qu'il faudrait rester soudé pour garder l'entité des 27 !
De même a-t-on refusé de comprendre et d'analyser en Grande-Bretagne le pourquoi de ce vote de rejet : un vote anti-immigration de l'Anglais moyen loin des Anglais de la City. Il s'agit pour l'Anglais moyen d'un moyen de reprendre le contrôle des frontières, c'est la volonté du peuple de se protéger et de se replier face à la question des migrants qui se succèdent sur le littoral anglais depuis le XVIIe siècle et les Indo-Pakistanais. Derrière cela, la nostalgie du Commonwealth… Mais la nostalgie n'est plus ce qu'elle était.
 
Retrouvez l'intégralité de l'article sur https://www.challenges.fr/politique/un-echec-de-toute-l-union-europeenne_652025

Alors que les Chinois conquièrent la vieille Europe, celle-ci régule, crée des lois, invente des directives et se protège de tout et de rien, à la conquête de l'universalisme législatif...

 

Les Chinois à Paris ont cruellement mis en lumière l'absence totale de projet européen. Non seulement il n'y pas de numéro de téléphone pour appeler l'Europe, comme le faisait déjà remarquer très judicieusement Henri Kissinger il y a 50 ans, mais plus personne ne sait pour quel projet précisément on pourrait bien voter.

 

Quel manque de souffle, quelle absence d'unanimisme, quelle déception. Moins il y a de projets fédérateurs, plus il y a de candidats et d'ambitions personnelles. Les ministres sont prêts à déserter et à renoncer à leur mission pour une place à Bruxelles. Est-ce parce qu'ils espèrent se faire payer des assistants parlementaires ?! Que la place est bonne ? Qu'ils pensent vraiment changer le cours de l'Europe ? Et pour proposer quoi et pour qui ? Pour leur parti ou ce qu'il en reste, ou pour la France ? Au fur et à mesure que la campagne se précise, la désespérance, voire le rejet, s'installent. Les élections ont pris un ton de plébiscite présidentiel : on va voter pour des candidats en campagne qui veulent rejouer l'élection du Président de la République ; on redoute déjà au soir des élections les commentaires habituels des gagnants, triomphants d'on ne sait quoi. Cela ressemble au concours de The Voice, il faudra choisir celui qui a la plus belle voix, mais surtout le plus grand nombre de voix !

 

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Nous sommes en train de rater un tournant de civilisation. Nous passons à côté des vrais sujets. Il devient urgent de remettre du bon sens et raisonner autrement.

La France est sens dessus dessous, et la formule est particulièrement adaptée : les contradictions fleurissent de partout, c'est le printemps du grand n'importe quoi. Sur le fond, c'est grave, car le grand débat fut le prétexte à un déballage sans queue ni tête. Les récriminations populaires, même si elles sont compréhensibles, sont absolument contradictoires avec ce qu'il faudrait faire pour redresser le pays. Nous sommes condamnées à provoquer des révoltes grandissantes si l'on n'en tient pas compte, ou bien à aller vers une catastrophe économique si l'on en tient compte ! Et tout cela alors que l'économie, malgré la fronde sociale se redresse plutôt.

L'ISF ou l'instabilité fiscale

Ainsi guette-t-on, avec anxiété pour les uns et enthousiasme pour les autres, un pseudo retour de l'ISF qui calmerait la haine du riche qui sévit chez les gilets jaunes et … chez les autres. Or, la disparition de cet impôt idéologique, qui coûtait à l'Etat plus qu'il ne rapportait, fut justement importante car elle marquait la fin d'une exception mondiale et du refus de la France d'accepter le principe de l'enrichissement personnel. Donner un gage en le rétablissant, ce serait renforcer les Français dans l'idée qu'il convient de punir les "riches". Et les fameux exilés fiscaux qui pensaient revenir en France après l'élection d'Emmanuel Macrondéfont leurs valises de retour. Qui reviendrait devant le spectacle des émeutes et les concessions qui devraient résulter des demandes de la rue ? On répond à la révolte fiscale par de la fiscalité.

Ainsi le président de la République laisse-t-il entendre que si l'impôt sur l'immobilier ne rapporte pas assez pour compenser l'ISF (sic) il faudra penser à remettre un peu d'ISF! Si on a mal compris qu'on nous le dise !

 

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